Essai – Nissan Z : L’art de traverser les décennies
Wheels And You vous propose aujourd’hui l’essai de la nouvelle Nissan Z qui débarque dans notre pays grâce à la seule volonté d’un importateur indépendant – all.cars – et non via le réseau officiel de Nissan Suisse. Quel plaisir de découvrir une telle auto qui promet de faire la part belle au plaisir de conduire et à l’histoire magnifique de ce modèle nippon emblématique.

Texte : Jacques-Antoine Dayer / Photos : Jacques-Antoine Dayer, Yann Ueltschi
L’histoire de la Nissan Z commence en 1969 au salon de l’automobile de Tokyo. Cette voiture succède à la Datsun Fairlady, un roadster conçu à la fin des année cinquante. Le coupé deux portes présenté en 1969 avait conservé le patronyme Fairlady au Japon, en introduisant le « Z » dans sa dénomination sur le marché domestique. En dehors du Japon, cette voiture était vendue sous l’appellation Datsun 240Z.
La Nissan Z qui nous occupe aujourd’hui représente la septième génération du modèle. Elle a été dévoilée à New York en août 2021 et pour la première fois dans l’histoire de ce modèle, aucun chiffre n’est accolé au « Z » pour sa dénomination.
Trois exécutions sont proposées aujourd’hui sur le marché Suisse : Sport, Performance et Nismo. Les deux premières sont disponibles au choix avec une boite manuelle ou automatique, la Nismo n’étant pas disponible avec une boite manuelle. Notre voiture de test est une version Performance avec boite manuelle.



A l’extérieur
La nouvelle Nissan Z s’inscrit donc dans une lignée de plus de 55 ans d’histoire et son design extérieur en témoigne. Avec ses proportions classiques, un long capot et un habitacle court, elle renoue avec l’ADN de la mythique 240Z de 1969. Alfonso Albaisa, le responsable du design chez Nissan, résume parfaitement cette ambition : « la Z oscille entre les décennies tout en étant résolument contemporaine, puisant dans les points forts de chaque génération ».
C’est latéralement que le lien avec la Z originale est le plus saisissant. La ligne de toit plonge du sommet du pare-brise aux feux arrière, rappelant le profil distinctif de la première génération. Les poignées de porte encastrées à fleur de carrosserie et le hayon ultraplat contribuent à un design tendu et épuré. La Nissan Z Performance est chaussée de jantes de 19 pouces avec des pneumatiques Bridgestone Potenza S007 de 255/40 et 275/35 ZR 19.
La grille avant reprend le dessin des deux générations précédentes, un rectangle aux angles nets. L’éclairage full LED constitue l’un des éléments distinctifs de la nouvelle Z. Les phares présentent deux demi-cercles caractéristiques, directement inspirés de la japonaise des années 1970. A l’arrière, les feux au design 3D à LED s’inspirent des légendaires Z32 et 300ZX des années 1990.
Contrairement à la version Sport, le modèle Performance dispose à l’arrière d’un spoiler sur toute la largeur du hayon. Les deux sorties d’échappement chromées lui donnent un aspect sportif. La voiture est compacte, 4.38 m de longueur pour 1.84 m de largeur. Son empattement de 2.55 m est relativement grand pour cette taille de voiture. Les porte-à-faux sont donc réduits, surtout à l’arrière. La hauteur de 1.31 m est dans la moyenne haute de cette catégorie. Trois couleurs monochromes sont disponibles ainsi que six couleurs combinées à un toit noir brillant.









A l’intérieur
L’intérieur de la nouvelle Nissan Z affiche ses ambitions sportives. Sur le tableau de bord, au centre de la voiture, on trouve trois cadrans analogiques tournés vers le conducteur : des indicateurs de pression de suralimentation, du régime du turbo et de la tension de batterie. Ils sont complétés par un écran tactile de 8 pouces pour les réglages du système d’infodivertissement. Les commandes de climatisation sont positionnées derrière le levier de vitesses.
Derrière le volant, on trouve un écran TFT de 12.3 pouces entièrement repensé, déclinable en trois modes selon les envies du conducteur. En mode « Normal », l’accent est mis sur la navigation et l’audio. En mode « Enhanced », le compte-tours et le compteur de vitesse se déplacent vers les bords pour laisser place à une carte de navigation élargie. Enfin, en mode « Sport », le compte-tours trône au centre de l’écran, tandis que l’indicateur de changement de vitesse « shift light » remonte dans le champ de vision direct du pilote, accompagné des indicateurs de pression de suralimentation et d’accélération.
Les sièges, aux dossiers revêtus de daim, offrent un soutien accru lors des changements de direction rapides tout en assurant de longs trajets confortables. Notre voiture de test comprend une sellerie en cuir et daim, avec des réglages électriques pour le recul longitudinal et l’inclinaison du dossier ainsi que mécaniques pour les ajustements de l’angle du placet. Le volant surbaissé, au dessin classique, permet un accès rapide aux commandes tout en conservant cette esthétique intemporelle des sportives japonaises.






Sous le capot
Après six générations de Nissan Z équipée de moteurs atmosphériques six cylindres en ligne puis V6, la septième mouture introduit un moteur suralimenté. Le moteur V6 biturbo de 3.0 litres de la Z développe aujourd’hui 405 ch à 6’400 t/min et un couple maximal de 475 Nm entre 1’600 et 5’600 t/min. Par rapport à la génération précédente, c’est une progression de 68 ch et une augmentation du couple de 30%. Les performances sont en progrès également : le 0 à 100 km/h diminue de 15% à 4.7 secondes. La vitesse maximale est de 250 km/h.
L’architecture de la voiture demeure celle des générations précédentes, avec un moteur installé à l’avant et les seules roues arrière motrices. Une boîte manuelle à six rapports équipe ce coupé. L’arbre de transmission est en carbone et dans l’essieu arrière, un nouveau différentiel mécanique à glissement limité contribue à une meilleure motricité.
La nouvelle Nissan Z dispose de nouveaux amortisseurs, de nouveaux réglages de l’essieu avant et de la suspension arrière. Une direction assistée électrique apparaît pour la première fois sur la Z. A l’avant, le freinage est assuré par des disques de 14 pouces et des étriers à quatre pistons.



Au volant
Je m’installe au volant et il m’est facile de trouver une très bonne position de conduite. L’assise est assez basse, les sièges offrent un bon maintien sans péjorer l’installation à bord. Il s’agit de baquets raisonnablement profonds.
Je presse sur le bouton de démarrage situé derrière le levier de vitesse côté conducteur, sans oublier de presser sur la pédale d’embrayage. Les voitures à boite manuelle sont de plus en plus rares et je me rends compte que les habitudes reviennent naturellement. Le bruit du moteur biturbo a malheureusement perdu le raffinement de ses prédécesseurs atmosphériques mais reste néanmoins agréable à l’ouïe.
La commande de boîte est agréable, avec des débattements assez longs mais des verrouillages précis. Je note aussi que les pédales de frein et d’accélérateur sont disposées de manière à pouvoir facilement exécuter le talon-pointe. Une pression sur le bouton « S-MODE » permet d’éviter d’effectuer soi-même l’opération, le calculateur donnant automatiquement un coup de gaz lors des rétrogradages. On a tous les ingrédients d’une conduite inspirée d’un passé presque totalement révolu.
Le moteur est coupleux et les montées en régime rapides dès 2’000-2’500 t/mn. La voiture affiche sur la balance un poids juste supérieur à 1’600 kg, qui permet des accélérations franches mais raisonnables. Si on force l’allure, le contrôle de trajectoire vient tempérer nos ardeurs de manière assez discrète, permettant de prendre du plaisir en toute sécurité.
Sur plus longs trajets, la voiture s’avère confortable. Seul le volume du coffre, tout de même assez contenu avec ses 241 litres, peut présenter un facteur limitant. Sa surface est bonne et permet tout de même de ranger plusieurs sacs souples.
Le système d’infodivertissement commandé par l’écran central est simple et fourni peu de fonctionnalités. On peut y connecter son smartphone sans soucis – pour écouter de la musique ou prendre des appels – mais je n’ai pas trouvé le moyen d’utiliser Apple CarPlay en mode sans fil ; seule une connexion USB m’a permis d’avoir cette fonction.












Verdict
La Nissan Z réussit à mes yeux l’exercice d’honorer 55 ans d’histoire en proposant une voiture qui garde son caractère. Le passage au moteur suralimenté marque une rupture avec la tradition des six cylindres atmosphériques mais cela lui donne une nouvelle vie dans les méandres des normes actuelles. Le gain en couple et de souplesse lui procure de bonnes performances. La boîte manuelle à six rapports, de plus en plus rare dans cette catégorie, contribue à préserver le caractère sportif de ce coupé.
Face à elle, la concurrence se fait rare : la Toyota GR Supra Speed Force, évolution de la GT Supra MT essayée en 2023, est la seule concurrente directe actuelle proposée avec une boîte manuelle. Il y a certes la Mazda MX-5 ou les Porsche 911 Carrera T et GT3 mais elles jouent dans des catégories très différentes de la Nissan Z qui reste dans une gamme de prix bien inférieure à l’allemande.
Quelques concessions restent inévitables, notamment un coffre de taille réduite qui peut péjorer les longues balades à deux. Je note également un intérieur qui se distingue des voitures actuelles, avec un système d’infodivertissement un peu limité dans ses fonctionnalités. Proposé en Suisse au prix de CHF 71’900.- en version Performance, la Nissan Z reste un coupé sportif intéressant pour les nostalgiques d’un passé presque révolu.






Prix et options – Nissan Z Performance
Prix de base : CHF 71’900.-
Couleur “Boulder Grey / Super Black” : CHF 1’200.-
Intérieur “Blue” : CHF 1’200.-
Prix TOTAL : CHF 74’300.-



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Nos remerciements à all.cars pour le prêt de cette Nissan Z Performance, ainsi que pour leur soutien logistique.












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