19 February 2026
2026-02-19
Le 28 janvier 2026, Jaguar Land Rover nous a donné rendez-vous en Allemagne, sur le site Land Rover Experience de Wülfrath, dans la campagne de Düsseldorf, pour l’événement “Defender Trophy EU Experience”. Pas seulement pour goûter aux capacités du Defender en terrain difficile mais surtout pour comprendre ce que la marque prépare avec le Defender Trophy : une nouvelle compétition d’aventure globale, inspirée des grandes épopées d’endurance d’hier et conçue pour remettre au centre ce que le 4×4 peut raconter de plus fort : le dépassement, l’engagement et l’esprit d’équipe.

Texte : Matthieu Giraudier / Photos : DR
Le Defender Trophy est présenté comme un héritier moderne d’événements devenus mythiques : le Camel Trophy, dont le Land Rover Defender a été le véhicule officiel dès 1981, remplacé par le Land Rover G4 Challenge entre 2003 et 2009. La filiation est revendiquée mais avec une intention claire : faire évoluer la formule. Ici, on ne parle pas d’une course mais bien d’une compétition au sens noble du terme. Les participants ne sont pas départagés par un temps absolu mais par une évaluation globale mêlant conduite tout-terrain, navigation, défis physiques ou mentaux et capacité à fonctionner en binôme dans des conditions difficiles et changeantes.
Le format vise large. Le Defender Trophy annonce déjà plus de 20’000 intéressés de plus de 75 pays et un processus de sélection structuré en qualifications régionales à travers le monde. Pour l’Europe, les inscriptions sont ouvertes de janvier à mars 2026, avec une clôture fixée au 10 mars. La qualification européenne se tiendra en juin 2026 à Les Comes, en Espagne, avant une annonce des finalistes globaux en août 2026. La finale mondiale est prévue sur octobre et novembre 2026, en Afrique australe.



Ce qui distingue vraiment le Defender Trophy, c’est sa promesse d’une vision ne se limitant pas au seul challenge sportif. L’événement intègre des missions de conservation en conditions réelles, menées avec Tusk, partenaire historique de Defender sur les enjeux de protection de la faune et des écosystèmes. Autrement dit : l’aventure n’est pas un décor. Elle s’accompagne d’un objectif concret, au plus près du terrain.
Côté mécanique, la marque associe cette relance à un véhicule-symbole : le Defender 110 Trophy Edition, annoncé comme le véhicule officiel du Defender Trophy. Il reprend les codes “expédition” avec une préparation orientée endurance, des équipements dédiés – et un Trophy Pack optionnel comprenant notamment galerie de toit, échelle et porte-charge externe – sans oublier deux couleurs “héritage” très évocatrices : Deep Sandglow Yellow et Keswick Green. Sous la carrosserie, l’édition est basée sur une configuration D350 (6 cylindres 3.0 MHEV) annoncée à 350 ch et 700 Nm.






L’approche sportive est elle aussi particulière : les concurrents participent par paires mais sont évalués individuellement, avec une logique de recomposition des binômes au fil des étapes. De quoi mettre la cohésion à l’épreuve, éviter les duos “infaillibles” et forcer chaque participant à prouver sa capacité d’adaptation, de communication et de leadership.
Pour candidater, Defender affiche des critères simples mais révélateurs de l’intention : avoir 23 ans ou plus, savoir nager 50 mètres, posséder un permis de conduire, être apte aux voyages internationaux et parler anglais couramment. Une liste courte mais qui dit déjà beaucoup : les critères d’évaluation dépasseront largement le volant.
Mais retournons à l’événement “Defender Trophy EU Experience”. Le décor de la journée est parfait pour comprendre le projet. Le site de Wülfrath, c’est un immense terrain de jeu : des pistes, des dévers, des franchissements, des surfaces qui passent du sable au gras, de la rocaille au bois, avec cette sensation constante d’être au bon endroit pour mettre un 4×4 face à ses capacités. Le temps est de la partie à sa manière : froid, humide, brouillard, sol lourd ; des conditions qui mettent en immersion et contribuent à nous faire deviner ce que renferme l’esprit du Defender Trophy.






Matin : apprendre à “penser” comme une équipe
Notre groupe commence par des activités moins orientées “conduite pure” et plus proches de ce que la marque veut tester sur le fond : la capacité à agir juste, vite, ensemble.
Le sable ou l’art de faire glisser un mastodonte
Premier exercice : navigation dans une zone sableuse, à travers des “portes” matérialisées par de petits poteaux souples. Sur le papier, c’est simple : passer un maximum de portes en deux minutes. Dans la réalité, un détail change tout : des tiges à l’arrière du véhicule simulent une largeur totale d’environ 4 mètres. Il ne suffit donc pas de piloter proprement ; il faut piloter large… sans toucher.
Je passe en premier et très vite, l’exercice devient addictif. Le sable est humide, pâteux, traître. Le Defender donne l’impression d’avoir été développé pour ce genre de terrain ; il accepte qu’on le bouscule, qu’on le place, qu’on le fasse pivoter. Le mode “sable” libère le mouvement, autorise le patinage nécessaire et invite presque à jouer, à laisser l’arrière s’arrondir pour resserrer la trajectoire. Evidemment, on sent le poids mais on sent surtout que la motricité ne lâche jamais. Le plaisir vient de là : apprendre à être fluide, à doser, à regarder loin… tout en gardant un œil mental sur ces tiges arrière qui vous rappellent qu’en tout-terrain, la largeur n’est jamais un détail.



La pyramide : la coordination comme compétence
Deuxième exercice, changement d’ambiance : on met notre coopération à l’épreuve. Deux Defenders, une corde avec un crochet central et trois éléments de pyramide à déplacer d’un côté à l’autre pour la reconstituer correctement. On comprend vite la mécanique : pour déplacer le crochet, l’un doit avancer quand l’autre donne du mou, reculer quand l’autre fait le mouvement inverse. Pour monter ou descendre, il faut être synchro, sans décalage.
C’est là que l’exercice devient parlant. Il n’est pas difficile intellectuellement. Ce qui l’est, c’est de communiquer en continu sans parasiter l’action : “avance”, “stop”, “recule”, “les deux”, “garde le mou”, “ok je corrige”. La cabine prend des airs de centre de contrôle… et la vitre devient une ligne de communication directe avec l’équipier. On se prend au jeu, on s’engage, on s’encourage et quand ça marche, on ressent ce petit orgueil d’équipe : on a trouvé la solution ensemble et on l’a exécutée proprement.






Le marais : penser avant d’agir ensemble
Autre exercice, plus discret mais redoutablement révélateur : la traversée d’un supposé marais. Le principe est simple. Des plateformes en bois espacées, un sol interdit – ni les pieds, ni les planches ne doivent toucher l’herbe – et un jeu de deux planches de longueurs différentes pour progresser d’îlot en îlot. Une contrainte supplémentaire vient compliquer le défi : il ne peut y avoir qu’une seule personne à la fois sur chaque plateforme.
Très vite, l’exercice se transforme en problème de logique collective. Il ne s’agit plus seulement d’avancer mais aussi d’anticiper. Qui passe en premier ? Qui reste en arrière pour passer les planches ? Quelle longueur utiliser maintenant pour ne pas se retrouver bloqué deux plateformes plus loin ? Les premières séquences semblent presque évidentes : on choisit la bonne planche, on progresse, on se la passe, on continue. Puis la difficulté monte, subtilement.
La fin du parcours impose une vraie réflexion logique. Il faut superposer deux planches, jouer avec le poids des participants, exploiter l’effet de levier. La personne la plus lourde s’engage en premier pour stabiliser l’ensemble, avant d’inverser la configuration pour permettre au second de le franchir à son tour. Rien n’est spectaculaire, tout est concret.
C’est précisément là que l’exercice devient parlant. Il met en lumière ce que le Defender Trophy cherche à révéler : la planification avant l’action, le bon sens avant la précipitation et la capacité à mobiliser des connaissances simples – équilibre, poids, logique – qui, une fois sur le terrain, prennent souvent une valeur capitale. Une activité ludique, presque enfantine en apparence mais qui rappelle une valeur fondamentale de l’aventure à plusieurs : progresser, c’est d’abord savoir réfléchir ensemble.



La rivière : bricoler vite, avec du bon sens
Dernière activité de la matinée, la plus “expédition” dans l’esprit : deux équipes séparées par une étendue d’eau qui simule une rivière infranchissable. Sur chaque berge, il y a des objets dont l’autre équipe a besoin. La mission : créer un système de transfert à la corde. Tripode, nœuds, lancer de corde lestée puis installation d’une tyrolienne en utilisant un véhicule qui recule pour la mettre en tension.
C’est un exercice fabuleux parce qu’il fait ressortir des réflexes très humains : qui prend le lead, qui exécute, qui observe, qui vérifie un nœud, qui pense sécurité, qui a l’idée simple qui débloque tout. Et surtout, il rappelle un principe de base : dans une expédition, l’égo n’a pas sa place. La solution n’appartient à personne. Il faut la créer et elle doit fonctionner.
A ce moment-là, on ne “joue” plus seulement à l’aventure, on s’y projette. On imagine la même scène de nuit, sous la pluie, avec la fatigue, le froid, la pression. Et on comprend pourquoi Jaguar/Land Rover martèle ce point : le Defender Trophy est une compétition mais son cœur bat au rythme de la coopération.









Après-midi : la démonstration par le terrain
L’après-midi, on bascule dans ce que tout le monde attendait : la conduite tout-terrain. Le parc est immense et l’organisation très cadrée. Un instructeur nous accompagne, nous donne des consignes, nous montre les capacités du véhicule, règle les modes et nous emmène d’exercice en exercice comme si nous déroulions un “best of” du franchissement.
On enchaîne les surfaces : boue, cailloux, pont en bois, trous alternés, bosses ou dépressions. Le Defender passe tout avec une aisance presque insolente. Il y a ce moment particulier où l’on comprend que la voiture travaille dur – différentiels, gestion du couple, électronique – mais qu‘au volant, on ne lutte pas. On guide. Et quand une roue se lève, le véhicule redistribue la traction avec une évidence déconcertante.
Le chapitre des dévers est le plus impressionnant psychologiquement. A 30 degrés latéraux, mon cerveau me raconte déjà le tonneau. Mon corps se crispe, mes yeux cherchent un repère. Et pourtant, le Defender reste imperturbable : il se pose, il tient, il repart. On m’explique que le véhicule peut aller plus loin selon les conditions mais rien qu’à ce stade, l’exercice suffit à me rappeler à quel point la stabilité réelle d’un 4×4 moderne peut dépasser l’intuition.
La technologie, ici, n’est pas un gadget. La vue “sous le capot” via les caméras change la donne dès que le relief se ferme : on voit le terrain, on place les roues, on choisit sa ligne. Et ce qui était autrefois réservé à l’expérience pure devient accessible, presque pédagogique. Cela ne retire rien à l’exigence mais cela réduit l’aveuglement.
Puis vient le moment phare : “The End of the Road”. Une descente à la pente spectaculaire, annoncée à 50 degrés. J’approche, je bascule, l’horizon disparaît, il ne reste plus que le sol. Ici, le Defender gère la descente via son électronique, freine roue par roue, sans blocage, sans glissement, avec une maîtrise qui impose le respect. C’est le genre d’exercice qui fait taire une cabine. Celui où l’on comprend, physiquement, ce qu’est un système pensé pour aller là où la logique vous dirait de ne pas vous aventurer.












Ce que la journée raconte vraiment
Sur le fond, la marque fait d’une pierre deux coups. Bien sûr, elle démontre le produit : la motricité, les angles, la facilité, la gestion des pentes, la capacité à reprendre dans une montée raide, à s’arrêter, à repartir, à tenir un dévers, à encaisser un terrain cassant. Mais l’objectif réel est ailleurs : mettre en scène un état d’esprit.
Le Defender Trophy veut vendre une idée d’aventure qui n’est pas seulement esthétique mais une aventure qui demande du corps, du mental, de la lucidité et de l’entraide. Une aventure qui se vit en équipe, avec une “cause” revendiquée : travailler avec Tusk et inscrire l’expérience dans un objectif de conservation.
En repartant, une idée colle au casque : ce genre de journée ne laisse pas simplement des souvenirs, elle vous suggère une question : pourquoi ne pas raviver l’envie de sortir du confort, de se mettre en difficulté pour une bonne raison et vivre quelque chose de plus grand que soi ?
Après cette journée Defender Trophy EU Experience, j’ai compris pourquoi le groupe Jaguar Land Rover insiste autant sur le mot “Trophy”. Parce qu’ici, le trophée n’est pas seulement un objet ; c’est une trace, l’expérience d’une vie. Une preuve qu’on a osé. Et que les plus braves ne se contenteront pas de regarder l’aventure passer.












Nos remerciements à Jaguar Land Rover (Suisse) SA pour l’invitation au Defender Trophy EU Experience sur le site Land Rover Experience de Wülfrath en Allemagne.


