28 April 2026
2026-04-28
Longtemps absente du paysage automobile, la Honda Prelude fait aujourd’hui son retour avec une ambition claire : réinterpréter l’esprit d’un coupé à l’ère de l’électrification. Entre héritage assumé et mutation technologique, ce nouveau modèle entend conjuguer plaisir de conduite et efficience. Reste à savoir si cette renaissance parvient à retrouver l’équilibre subtil qui a fait la réputation du nom Prelude.

Texte : Matthieu Giraudier / Photos : Patrick Schneuwly
Peut-on encore parler de coupé plaisir à l’ère de l’électrification ? Avec le retour de la Prelude, Honda tente de répondre par l’affirmative en proposant une lecture contemporaine de son coupé emblématique.
Entre design travaillé, hybridation avancée et promesse d’un usage quotidien facilité, le constructeur japonais semble vouloir réconcilier deux mondes : ceux de l’émotion et de la raison. Mais dans un marché où certaines marques reviennent à des propositions plus radicales ou plus engagées, cette approche intermédiaire soulève une interrogation : la Prelude parvient-elle réellement à trouver sa place ?



A l’extérieur
Dès le premier regard, la Honda Prelude affirme une identité claire : celle d’un coupé moderne, élancé, qui privilégie l’équilibre à la démonstration. Habillée d’un Bleu Racing lumineux, notre véhicule d’essai met en valeur un travail des surfaces subtil et maîtrisé, renforçant un positionnement sportif sans ostentation.
La face avant s’organise autour d’un nez légèrement plongeant et d’un bouclier sculpté, aux formes complexes mais cohérentes. La calandre est fine et horizontale tandis que les optiques effilées s’intègrent avec précision dans la partie supérieure. L’ensemble est tendu, moderne, sans agressivité excessive.
De profil, les proportions confirment l’intention : 4’532 mm de long et 1’349 mm de haut dessinent un coupé bas et allongé, avec une vraie assise visuelle. Ligne de ceinture haute, poignées affleurantes et surfaces lissées participent à une lecture fluide. Les épaulements marqués et l’extracteur d’air à l’arche de roue avant traduisent le travail aérodynamique.
La chute de pavillon, très étirée, guide naturellement le regard vers une poupe épurée. A l’arrière, une signature lumineuse en bandeau intègre feux et logo Honda dans un ensemble très contemporain. Le bouclier, plus simple, adopte un diffuseur discret alors qu’un léger effet de spoiler intégré au hayon suggère l’appui.
Au final, la Prelude séduit par son harmonie et sait créer un petit effet “wow ” partout où je passe. Un design fluide, maîtrisé, qui assume une sportivité discrète et parfaitement exécutée.






A l’intérieur
A bord de la Honda Prelude, l’ambiance joue sur un contraste marqué entre sportivité et recherche de valorisation. Notre véhicule d’essai propose une combinaison de teintes blanc et bleu nuit, avec une sellerie micro-aérée rehaussée par des surpiqûres bicolores. Les contreportes et la planche de bord reprennent ce traitement, mêlant cuir lisse ou tanné, dans une volonté de monter en gamme.
Dans les faits, le résultat est contrasté. L’assemblage est sérieux – sans défaut notable – et certains matériaux sont réellement qualitatifs. Mais l’ensemble trahit aussi des arbitrages budgétaires. Les plastiques, notamment en haut des portes, restent corrects mais clairement identifiables tandis que plusieurs inserts noir brillant, sur la console centrale et les commandes, viennent rappeler une approche plus généraliste que premium.
L’ergonomie apparaît en retrait face aux standards actuels. L’écran central, bien que compatible Apple CarPlay et Android Auto, est relativement petit et simplement intégré. Même constat pour l’instrumentation numérique : lisible mais au design daté, avec une interface peu valorisante et des possibilités de personnalisation limitées. Des éléments qui pèsent aujourd’hui dans l’expérience utilisateur.
Le volant à méplat est agréable en main. L’espace à l’avant est généreux et bien exploité, confirmant une orientation centrée sur le conducteur et son passager.
A l’arrière en revanche, la configuration 2+2 apparaît ici largement symbolique. L’accès est contraint, l’espace quasi inexistant et la garde au toit rend les places très difficilement utilisables, même pour de jeunes passagers d’un mètre cinquante. Pour les adultes, oubliez simplement de tenter d’y loger quelqu’un. Un parti pris qui aurait presque gagné à être assumé en stricte deux places.
En revanche, le coffre se montre plus convaincant. Malgré un seuil de chargement élevé, il offre un volume exploitable de 264 litres, complété par une banquette rabattable qui permet d’étendre la capacité à 760 litres.
Au final, l’intérieur reflète parfaitement le positionnement de la Prelude : une GT accessible, bien construite, qui distille des touches de premium. L’essentiel est là, avec quelques concessions qui rappellent que l’expérience se joue peut-être ailleurs.






Sous le capot
La Prelude adopte une approche fidèle à la philosophie actuelle de Honda : une hybridation efficiente avant tout, pensée pour un usage au quotidien plus que pour la performance pure.
L’ensemble repose sur la chaîne e:HEV i-MMD (Hybrid Electric Vehicle Intelligent Multi-Mode Drive). On y trouve un quatre cylindres essence de 2.0 litres développant 105 kW (143 ch) et 186 Nm, associé à un moteur électrique nettement plus expressif avec 135 kW (184 ch) et 315 Nm. Ce dernier constitue en réalité le cœur du système, assurant la majorité de la traction, notamment en phase d’accélération alors que le thermique intervient principalement comme générateur ou en soutien à vitesse stabilisée.
Une batterie lithium-ion à 72 cellules alimente la partie électrique, avec une gestion énergétique particulièrement fluide propre aux systèmes Honda. L’ensemble est couplé à une transmission e-CVT, ici dotée du système S+ Shift qui simule des passages de rapports en vue de créer un lien plus direct entre le conducteur et la mécanique.
Sur le plan des performances, les chiffres révèlent le positionnement du modèle. Le 0 à 100 km/h est abattu en 8.2 secondes et la vitesse maximale est annoncée à 188 km/h. Loin de celles d’une voiture vigoureuse, les valeurs restent cohérentes avec une orientation davantage tournée vers l’efficience et l’agrément quotidien que vers la sportivité pure.
Au final, la Prelude propose la lecture d’un coupé moins centré sur la puissance brute mais plus sur l’intelligence de la chaîne cinématique. Une approche qui privilégie la fluidité et la sobriété au prix d’un certain décalage entre le style et les performances. Reste à voir si cette configuration technologique se traduit en sensations de conduite.






Au volant
Les premiers kilomètres se font en douceur, presque en décalage avec ce que laisse présager la ligne de l’auto. Dès les premiers tours de roues, une évidence s’impose : on est ici dans une approche très japonaise de l’automobile. C’est souple, fluide, facile, “japoniais” comme aiment railler certains détracteurs. La voiture se laisse apprivoiser sans effort, avec une direction légère et une mise en mouvement quasi instantanée grâce au couple électrique. En ville, tout est simple ; elle se faufile, braque bien et se montre immédiatement agréable à vivre.
Mais très vite, le décalage s’accentue. A l’aveugle, rien ne laisse penser qu’on est au volant d’un coupé à vocation sportive. La Prelude privilégie clairement le confort. Les suspensions filtrent bien mais laissent apparaître un roulis marqué, avec des mouvements de caisse sensibles dès que le rythme s’élève. Ce n’est pas désagréable mais le message est limpide : le confort passe avant la rigueur.
Sur voie rapide, elle confirme cette orientation. Le roulage est calme, la mécanique se fait discrète à allure stabilisée et l’ensemble inspire une certaine sérénité. Mais dès que l’on sollicite davantage l’accélérateur, notamment pour s’insérer ou relancer, la mécanique montre ses limites. Le moteur monte dans les tours avec un bruit présent mais la poussée reste linéaire et faiblarde. Il n’y a pas de véritable montée en tension, pas de relief. Objectivement, l’accélération est là mais elle ne se ressent que trop peu.
Curieux de voir ce que la voiture a réellement dans le ventre, je bascule en commande S+ Shift et mode “Sport”, sensés simuler des passages de rapports pour recréer une sensation mécanique. Dans les faits, l’effet reste superficiel. Le régime évolue mais les sensations ne changent guère. L’ensemble manque de matière, de lien, de quelque chose d’organique.
C’est sur route plus sinueuse que la Prelude révèle définitivement son positionnement. L’inscription en virage est saine, le freinage rassurant et l’adhérence correcte, même dans des conditions loin d’être idéales avec des gommes hiver. Mais dès que le rythme augmente, le châssis montre ses limites. Les transferts de masse sont marqués, l’arrière devient plus mobile et l’ensemble manque de précision. On peut certes aller vite mais sans la sensation de maîtrise totale qui caractérise une vraie sportive. Le train avant engage mais l’ensemble devient ensuite plus flou, hésitant.
Au fil des kilomètres, le constat s’affine. La Prelude n’est pas une sportive au sens strict. C’est une GT très tranquille, pensée pour le quotidien, pour la facilité, pour le confort. Une voiture cohérente dans sa philosophie mais qui laisse un sentiment d’inachevé au regard de son design. Comme si l’intention était là sans être totalement assumée mécaniquement.









Verdict
Au moment de refermer cet essai, mon sentiment dominant est celui d’une occasion manquée. Avec la Prelude, Honda remet en lumière un nom chargé d’histoire, presque chargé d’attentes. Un nom qui évoque une certaine idée de la sportivité japonaise, faite de justesse et d’engagement. Ici pourtant, la promesse n’est que partiellement tenue. Pas de témérité, pas de sportivité, juste de la sobriété.
Sur le papier, l’équation peut s’expliquer. Dans les faits, le positionnement peine à s’incarner. Le design est agréable bien que trop timide à mon goût, l’intérieur valorisant sans pleinement convaincre et surtout, le groupe propulseur brouille le message. La Prelude revendique une approche de grand tourisme mais n’en propose pas pleinement les fondamentaux. Car à mon sens, un GT est une voiture capable d’enchaîner les kilomètres avec aisance tout en offrant un minimum d’agrément mécanique et de relief. Ici, tout est lissé, filtré, contenu. Ça fonctionne mais sans plus. On roule facilement, sans jamais réellement s’impliquer.
Alors, à qui s’adresse la Prelude ? A l’amateur de coupé sportif, elle paraîtra trop sage, trop distante. A celui qui recherche une vraie GT, elle manquera de consistance mécanique et d’agrément en toutes circonstances. Elle semble ainsi prise entre deux mondes, sans réellement choisir le sien. Face à une concurrence, notamment japonaise, qui reste ou revient à des propositions plus simples, plus organiques, plus vivantes, la Prelude paraît en décalage. Dans l’absolu, elle reste une voiture cohérente mais dont le positionnement interroge et laisse un goût d’inachevé.






Prix et options – Honda Prelude e:HEV Advance
Prix de base : CHF 47’900.-
Peinture métallisée “Bleu Racing” : CHF 990.-
Prix TOTAL : CHF 48’890.-



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Nos remerciements à Honda Suisse pour le prêt de cette Honda Prelude e:HEV.









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