08 July 2026
2026-07-08
Citroën actualise sa petite citadine – je mets de côté l’Ami – et nous propose sa nouvelle C3. Cette quatrième génération fait face à des concurrentes comme la Renault Clio, la Peugeot 208, la Toyota Yaris ou la Dacia Sandero. Elle mise avant tout sur un rapport qualité-prix attrayant et un certain confort de conduite. Toutefois, elle semble plus jouer dans la cour de la Sandero que celle des Clio ou 208.

Texte : Franklin Harlock / Photos : Claude-Alain Ferrière, Franklin Harlock
Citroën ne se contente pas de renouveler une citadine populaire. Dans un contexte où les prix de l’essence et de l’acier s’envolent, la C3 fait le pari de revenir à l’essentiel. Produite à moindre coût et affichée à un tarif d’attaque particulièrement serré, elle vise avant tout une clientèle pragmatique. Reste à savoir si cette approche « low cost intelligent » tient la route. C’est ce que nous allons vérifier en ville, sur route et même sur autoroute.



A l’extérieur
Cette nouvelle Citroën C3 tranche avec le passé. Son design inspiré du concept Oli lui donne une identité plus moderne et plus originale que beaucoup de rivales du segment. Terminé les courbes et la bouille sympathique ; la C3, assez carrée, propose désormais un design avec des lignes tendues, lui donnant un aspect robuste. Elle adopte un style plus affirmé.
Le capot horizontal, les optiques à deux étages, les fausses barres de toit et les protections de carrosserie lui confèrent une allure de petit « Crossover » tout en restant compacte (4.1 mètres). J’aime assez la finition noir brillant que l’on trouve sur les rétroviseurs, l’entourage des gros logos avant et arrière, les barres de toit ; c’est assez qualitatif pour une voiture à prix « tendu ». Les enjoliveurs de roue sont sympas mais j’aurais aimé qu’ils recouvrent mieux les jantes en tôle.
La couleur bleue inédite « Bright Blue» lui va à ravir. C’est une option à CHF 750.- qu’il convient de cocher. A moins de préférer le « Rouge Elixir », le noir « Perla Nera », le « Blanc Banquise » ou le bleu clair « Monte Carlo ». A vous de choisir.









A l’intérieur
A bord, la présentation est minimaliste, avec juste un écran au milieu de la planche de bord offrant un système multimédia des plus basiques. Il y a beaucoup de plastiques durs sur le bas et au milieu de la planche de bord mais, sur le bas de cette dernière, un tissus « filet » gris qui, sans être classieux, fait son petit effet. Tissus également sur les contre-portes avec, sur chacune des portières, une étiquette rouge avec un petit message qui donne la banane.
L’instrumentation est donc réduite à sa plus simple expression mais reste suffisante. Le conducteur à sous les yeux les informations nécessaires, sauf peut-être un compte-tours qui manque à l’appel. Il peut voir la température d’eau, la consommation, le kilométrage, l’autonomie, la vitesse instantanée…
Quoi d’autres ? Ah oui, il faut venir avec son téléphone et le connecter à l’écran. Simplicité, ergonomie sans surcharge technologique et ça fonctionne. Des boutons pour supprimer les alertes, une clim facile à gérer, des sièges Advanced Comfort moelleux, l’habitacle est spacieux où même les passagers arrière ont de la place. Bon, ils n’ont droit qu’à une simple manivelle pour ouvrir les fenêtres, qui s’ouvrent toutefois jusqu’en bas. Mais n’est-ce pas cela l’essentiel ?
Le coffre allant de 310 litres à 1’180 litres sièges rabattus est dans la moyenne du segment. Bien carré, il est toutefois un peu profond. Soulignons son ouverture et fermeture facile.






Sous le capot
Sous le capot, on retrouve un bloc bien connu de la famille PureTech, le trois cylindres 1.2 turbo de 100 ch. Toutefois, il est maintenant fiabilisé (génération Stellantis) et a enfin une chaîne de distribution. La gestion a aussi été revue ainsi que les pistons. Notons qu’il constitue l’unique proposition thermique dans la C3. Associé à une boîte manuelle à 6 rapports, il privilégie la polyvalence plutôt que la performance.
La consommation relevée s’affiche à 6.4 l/100 km. Correcte, elle correspond à une autonomie de plus de 600 kilomètres. La C3 est également disponible dans des versions hybrides légères, réduisant les émissions.



Au volant
Dès la prise en mains, la C3 me surprend par sa douceur et sa souplesse d’utilisation. Les suspensions, aux réglages typiquement Citroën, filtrent efficacement les irrégularités. Elles absorbent les ralentisseurs et les chaussées dégradées avec une certaine nonchalance. Un peu pataude parfois même, on est loin d’une petite citadine vive et dynamique. Mais elle se montre neutre, sécurisante et très rassurante. Elle accepte ma conduite à condition qu’elle ne soit pas sportive. En ville, elle se montre particulièrement agréable grâce à son couple disponible dès les bas régimes.
Pour une citadine, la direction est assez lourde à basse vitesse mais s’allège dès que la vitesse augmente un peu. Le petit volant est très agréable. Le maniement du levier de vitesse est un peu « caoutchouteux » tout en étant bien guidé. La boite six vitesses est bien étagée. Les trois premiers rapports pour la ville, la 4 et 5 sur route en montagne et la sixième économique pour l’autoroute, permettant ainsi de limiter la consommation.
Sur route, le moteur offre des relances honnêtes sans se montrer vraiment brillant alors que les reprises restent modestes. Le freinage est correct mais je trouve la pédale un peu souple, elle demande quelques kilomètres d’adaptation. Le train avant est bien guidé, la C3 suit la route avec sécurité.
Sur autoroute, les limites apparaissent davantage lorsqu’il faut relancer en forte montée. Le moteur a plus de mal et, même en rétrogradant, on sent que le turbo souffle mais pas assez pour vaincre la déclivité. Chargé, il faut un peu anticiper et prendre de l’élan mais honnêtement, pour rouler à 120 km/h, la C3 fait amplement l’affaire. Elle me surprend vraiment dans le bon sens.
Quelques aides à la conduite comme le maintien dans la voie, l’alerte de dépassement de vitesse et le radar de recul permettent une conduite sereine et peuvent être facilement neutralisées via un bouton dédié à gauche du volant si les alarmes gênent. Équipée du radar arrière, je suis serein lors des manœuvres de stationnement. J’étais aussi heureux de retrouver un « vrai » frein à main traditionnel.












Verdict
La Citroën C3 ne cherche pas à rivaliser avec les citadines les plus sophistiquées. Elle offre une conduite nonchalante simple, une forme de retour à l’essentiel, adaptée à une époque où le prix redevient un critère central.
Certes, avec une finition basique et des prestations routières sans éclat, elle impose des concessions. Mais en contrepartie, elle offre ce que beaucoup attendent encore d’une voiture : du confort, de la simplicité et un coût maîtrisé.
Une proposition cohérente, presque militante, qui pourrait bien redéfinir les standards du segment à condition d’accepter de renoncer au superflu.
Et si l’essentiel c’était ça ?









Prix et options – Citroën C3 1.2 Turbo 100ch “PLUS”
Prix de base : CHF 19’350.-
Peinture “Bright Blue” : CHF 750.-
Prix TOTAL : CHF 20’100.-



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Nos remerciements à Citroën Schweiz (AC Automobile Schweiz) pour le prêt de cette Citroën C3, ainsi qu’au garage Emil Frey Genève Adrien-Wyss pour leur soutien logistique.












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