Essai – Fiat 500 Hybrid : Les limites de la technologie
La légendaire Fiat 500 se décline en version hybride pour compléter une gamme qui, depuis quelques années, était composée exclusivement de modèles 100% électriques. Très belle, la petite italienne est un vrai coup de cœur esthétique mais les caractéristiques techniques démontrent-elles suffisamment de qualités en pratique ? Nous le vérifions ici.

Texte : Julien Cornamusaz / Photos : Julien Cornamusaz, Yann Ueltschi
Icône automobile depuis plusieurs générations, la Fiat 500 a toujours fait de son style, de ses dimensions réduites et de sa personnalité, ses principaux arguments. La nouvelle 500 Hybrid perpétue cette philosophie mais selon une recette assez inhabituelle. En effet, il ne s’agit pas d’une simple évolution de l’ancienne 500 thermique mais d’une adaptation de la plateforme initialement développée pour la 500 électrique afin d’y installer un moteur à combustion.
Fiat propose ainsi une alternative thermique à ceux qui apprécient la nouvelle génération de 500 mais ne souhaitent pas encore passer à l’électrique. Le constructeur italien a retenu une solution relativement simple, avec un trois cylindres essence atmosphérique associé à une boîte manuelle à six rapports et à une hybridation légère 12 volts.
En faut-il réellement beaucoup plus pour une voiture essentiellement destinée à la ville ? Avec ses dimensions contenues et un rayon de braquage particulièrement réduit, la petite italienne possède d’autres arguments. Reste à savoir si cette hybridation minimaliste et les 65 ch suffisent dès que l’on quitte son environnement urbain de prédilection.



A l’extérieur
Visuellement, la 500 Hybrid conserve pratiquement intact le dessin de la 500e. C’est une excellente nouvelle tant cette dernière génération est parvenue à moderniser le design sans dénaturer son identité.
Les proportions restent les mêmes. Le capot court, les optiques rondes et la carrosserie ramassée rappellent la 500 historique tandis que les surfaces lisses et les détails contemporains lui confèrent une apparence moderne.
Avec seulement 3.63 mètres de long, elle appartient encore à une catégorie de voitures devenues relativement rares. Alors que les véhicules grandissent de quelques centimètres à chaque renouvellement, la Fiat assume pleinement son rôle de véritable citadine et conserve son avantage concret dans les rues étroites et les parkings.
La face avant se distingue naturellement de celle de la 500e par les ouvertures nécessaires au refroidissement du moteur thermique mais Fiat réussit à préserver la pureté du dessin original. Les poignées affleurantes et les lignes particulièrement simples donnent une apparence plus valorisante que celle de l’ancienne génération thermique.
A l’arrière, les feux verticaux restent parfaitement intégrés aux ailes tandis que le hayon compact rappelle que la fonctionnalité n’a jamais constitué l’unique priorité de la 500. L’ensemble conserve cette petite touche de sophistication qui a toujours permis au modèle de se positionner un cran au-dessus d’une simple voiture urbaine économique.
Plusieurs années après l’arrivée de la 500e, cette carrosserie vieillit remarquablement bien et conserve une personnalité que nombre de concurrentes plus rationnelles peinent à reproduire.






A l’intérieur
L’habitacle profite lui aussi directement du développement réalisé pour la 500 électrique. La différence avec l’ancienne génération thermique saute aux yeux et la présentation apparaît beaucoup plus contemporaine.
La planche de bord conserve des formes simples et arrondies qui rappellent discrètement la 500 historique sans tomber dans un style rétro excessif. L’instrumentation numérique apporte une touche moderne tandis que l’écran multimédia central regroupe les principales fonctions de navigation, de connectivité et de divertissement.
L’ergonomie reste relativement simple. Le tableau de bord conserve plusieurs commandes physiques, notamment pour les fonctions utilisées régulièrement, ce qui évite de devoir systématiquement naviguer sur l’écran tactile. Dans une voiture destinée à circuler principalement en ville, cette simplicité est particulièrement appréciable.
La position de conduite est assez haute compte tenu du gabarit extérieur. On domine suffisamment la circulation et les dimensions de la carrosserie sont faciles à appréhender. La visibilité vers l’avant est bonne et l’étroitesse de la voiture permet de se sentir rapidement à l’aise, même dans les rues les plus encombrées.
A l’avant, deux adultes disposent de suffisamment d’espace pour voyager confortablement. La situation est naturellement moins favorable à l’arrière. L’empattement de seulement 2.32 mètres impose des compromis et les places arrière conviennent surtout à des enfants ou à des adultes pour de courts déplacements. Le coffre de 183 litres confirme également la vocation essentiellement urbaine de l’auto. Il suffit pour quelques sacs de courses ou des bagages légers mais ceux qui recherchent une petite voiture familiale doivent évidemment regarder ailleurs.
La qualité perçue est satisfaisante sans atteindre celle d’un véritable modèle premium. Certains matériaux restent assez simples mais le dessin de l’habitacle et le soin apporté aux détails permettent généralement de faire oublier ces économies.



Sous le capot
C’est évidemment la mécanique qui constitue la principale particularité de la nouvelle 500 Hybrid. Fiat a donc adapté une plateforme conçue initialement pour une propulsion électrique afin d’y installer un moteur thermique et tous les éléments nécessaires à son fonctionnement.
Le trois cylindres essence FireFly de 999 cm³ développe 65 ch et un couple maximal de seulement 92 Nm à 3’500 t/min. Il s’agit d’un moteur atmosphérique, sans turbocompresseur, associé exclusivement à une boîte manuelle à six rapports.
L’appellation Hybrid mérite cependant quelques explications. Il ne s’agit pas d’un système hybride classique capable de déplacer le véhicule en utilisant uniquement l’électricité. La 500 Hybrid utilise une petite batterie 12 volts et un alterno-démarreur entraîné par courroie. Le système récupère une partie de l’énergie lors des phases de décélération et peut ensuite apporter une très légère assistance au moteur thermique. Il permet également de rendre le fonctionnement du Stop&Start plus rapide et discret. Le soutien électrique est donc très limité et surtout très bref. Il n’existe aucun mode permettant de parcourir quelques centaines de mètres en électrique. L’électrification sert essentiellement à soulager ponctuellement le petit moteur essence et à réduire légèrement sa consommation.
Avec 1’066 kg à déplacer, les 65 ch ne peuvent évidemment pas produire de miracle. Les 16.2 secondes nécessaires pour atteindre 100 km/h placent même la 500 Hybrid parmi les voitures neuves les plus lentes du marché. Mais les chiffres ne racontent pas toute l’histoire car son comportement dépend énormément du terrain sur lequel elle est utilisée.



Au volant
En ville, les doutes concernant la faible puissance disparaissent rapidement. Dans cet environnement, la Fiat 500 Hybrid se révèle agréable et rappelle pourquoi le concept de la 500 reste aussi pertinent.
Son premier atout est évidemment son gabarit. Avec seulement 3.63 mètres de longueur, elle se glisse partout et permet d’exploiter des places de stationnement trop petites pour la majorité des voitures modernes. Sa largeur contenue facilite également les croisements dans les petites rues. Mais c’est surtout son rayon de braquage qui impressionne. La 500 tourne littéralement dans un mouchoir de poche. Un demi-tour qui nécessiterait plusieurs manœuvres avec un SUV devient presque instantané. Dans un parking souterrain ou un centre-ville ancien, c’est un atout certain. La direction très légère renforce l’impression d’agilité. Elle permet de manœuvrer sans effort et de placer la voiture avec précision.
A faible vitesse, les performances sont moins problématiques ce que les chiffres suggèrent. Les premiers rapports sont suffisamment courts et permettent à la 500 de démarrer correctement pour facilement suivre le rythme de la circulation. L’assistance électrique intervient ponctuellement et apporte un petit supplément lors des premières accélérations. Mais le fameux boost hybride est vraiment très court.
On comprend alors rapidement les limites de cette technologie. L’appellation Hybrid pourrait laisser imaginer un comportement proche de celui d’une Toyota Yaris ou d’autres véritables hybrides capables d’utiliser régulièrement leur moteur électrique mais ici, l’électricité ne joue qu’un rôle secondaire.
La boîte manuelle à six rapports est un élément central de la conduite. Les 92 Nm disponibles imposent de travailler avec le levier pour maintenir le moteur dans une plage de régime favorable. En ville, cela participe presque au charme de la voiture.
La situation change dès que l’on quitte l’agglomération. Sur une route cantonale, la faible puissance demande davantage d’anticipation. Un dépassement nécessite de choisir soigneusement son moment et surtout de rétrograder suffisamment tôt. Les montées révèlent également rapidement le manque de couple. Avec plusieurs passagers à bord, le moteur doit être sollicité et monter dans les tours pour conserver la vitesse. Le trois cylindres devient alors beaucoup plus présent acoustiquement. Sur autoroute, la 500 atteint sans problème les vitesses usuelles. Une fois lancée, elle maintient son allure mais la moindre côte impose de rétrograder.
Le châssis réserve en revanche une bonne surprise. Malgré l’empattement très court, l’amortissement absorbe correctement les petites irrégularités et le confort général apparaît convaincant pour une voiture aussi compacte. Fiat annonce 5.6 l/100 km mais nous avons mesuré 6.7 l/100km, avec de l’autoroute et de la montagne. Sur route rapide, la nécessité de solliciter davantage le moteur limite le bénéfice de la micro-hybridation. C’est probablement le principal paradoxe de cette 500 : sa simplicité mécanique peut être considérée comme un avantage en termes de poids mais l’appellation Hybrid crée des attentes que la technologie 12 volts peine à réellement satisfaire.









Verdict
La Fiat 500 Hybrid reste avant tout une excellente citadine. Ses dimensions réduites, son incroyable rayon de braquage et sa direction légère en font une voiture particulièrement agréable dans les environnements urbains. Elle conserve en parallèle le charme esthétique qui constitue depuis toujours l’un des principaux arguments de la 500. Son habitacle moderne et son confort surprenant renforcent cette impression. Pour des trajets en ville, les 65 ch suffisent.
Mais cette nouvelle version montre clairement les limites de la technologique retenue. Dès que l’on quitte la ville, les 65 ch et les seuls 92 Nm imposent leurs contraintes. Les dépassements demandent de l’anticipation, les montées nécessitent de jouer avec la boîte et l’autoroute ne constitue pas son terrain de prédilection.
La comparaison avec la Fiat Grande Panda Hybrid devient alors difficile à éviter. Pour un tarif comparable, cette dernière reçoit une motorisation hybride d’environ 110 ch tout en offrant beaucoup plus d’espace et une polyvalence nettement supérieure. En revanche, la 500 électrique est affichée environ CHF 10’000.- de plus que cette 500 Hybrid.
La question devient donc moins technique que personnelle. Celui qui recherche une voiture rationnelle et polyvalente trouvera probablement mieux ailleurs, y compris au sein de la gamme Fiat. Celui qui veut spécifiquement une 500 sans passer à l’électrique pourra en revanche accepter des concessions parce que la petite italienne reste l’une des rares voitures de sa catégorie que l’on achète encore autant avec le cœur qu’avec une calculatrice. La 500 Hybrid rappelle qu’une citadine peut encore privilégier la simplicité, la compacité et la personnalité plutôt que la course permanente aux performances. A condition de ne pas trop souvent quitter la ville.






Prix et options – Fiat 500 Hybrid Hatchback “Torino”
Prix de base : CHF 21’990.-
Coloris extérieur “Yellow Gold” : CHF 1’000.-
Prix TOTAL : CHF 22’990.-



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Nos remerciements à Stellantis / Astara (Fiat Suisse) pour le prêt de Fiat 500 Hybrid, ainsi qu’au Garage Klaus à Düdingen pour leur soutien logistique.









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