04 February 2026

Avec le Frontera Electric, Opel relance un nom chargé d’histoire dans un contexte qui a beaucoup évolué : celui d’un marché où les SUV compacts électriques deviennent un incontournable du paysage automobile européen. Placé dans le créneau des modèles accessibles et polyvalents, le nouveau Frontera entend conjuguer modernité, simplicité d’usage et design affirmé. Sans chercher la surenchère technologique, il mise sur une approche pragmatique et familiale, tout en intégrant l’identité stylistique récente de la marque. Un modèle qui arrive à un moment stratégique pour Opel et qui ambitionne de démocratiser encore un peu plus la mobilité électrique.

  • Moteur électrique synchrone
  • 83 kW (113 ch)
  • 125 Nm
  • Transmission à rapport unique
  • Vitesse maxi : 143 km/h
  • 0 à 100 km/h en 12.1 sec.
  • Poids : 1’610 kg
  • Long./larg./haut. (mm): 4’385 x 1’765 x 1’635
  • Conso. mesurée : 19.2 kWh/100 km
  • Emissions CO2 : 0 g/km (C)
  • dès CHF 27’900.-, mod. essayé: CHF 32’900.-


Texte et photos : Matthieu Giraudier


Relancer le nom “Frontera” n’avait rien d’évident. A l’époque, il désignait un robuste 4×4 conçu pour l’aventure ; aujourd’hui, Opel le réutilise pour baptiser un SUV compact électrique pensé pour les familles, les déplacements quotidiens et une mobilité plus rationnelle.

Dans un segment déjà riche en propositions, la question est simple : qu’apporte le nouveau Frontera Electric – bâti sur une base technique connue et un positionnement tarifaire volontariste – pour réellement se distinguer ? Autonomie, efficacité, praticité, modularité, simplicité d’usage… le modèle doit convaincre sur plusieurs fronts à la fois tout en restant fidèle à l’esprit pragmatique d’Opel. L’essai qui suit cherche à comprendre si cette approche raisonnable suffit à rendre le Frontera véritablement pertinent dans le paysage électrique actuel.

A l’extérieur

Dans cette configuration orange éclatant, le Frontera Electric affiche d’emblée une touche de bonne humeur. Ce coloris lui va bien : il dynamise une silhouette plutôt sage et offre un contraste intéressant avec les éléments noir brillant du pavillon et des montants de toit.

Mais une fois l’œil détaché de la teinte, le dessin global apparaît plus mesuré. La face avant reprend le langage esthétique actuel d’Opel avec le « Vizor » – cette bande noire qui relie les optiques – mais l’ensemble reste un peu hésitant. Même si elles remplacent celles fonctionnelles des versions thermiques, les fausses grilles et les découpes factices donnent le sentiment d’un design de transition, d’une propulsion électrique pas totalement assumée. Le résultat est propre et contemporain mais manque d’un véritable parti pris.

Le profil se montre plus cohérent, grâce notamment au léger sur-épaulement qui prolonge visuellement la signature lumineuse arrière et apporte un peu de volume. Le contraste biton fonctionne et les plastiques bruts des arches de roue et des bas de caisse ajoutent un discret parfum de baroudeur. Pourtant, les roues de 17 pouces apparaissent visuellement petites, laissant beaucoup apparaître la suspension arrière. Du 18 ou 19 pouces lui donnerait sans doute plus de présence mais réduirait l’autonomie.

L’arrière constitue à mes yeux la partie la plus réussie : logo Opel noir sur carrosserie, typographie Frontera bien intégrée, dessin moderne et homogène, même si le sabot plastique façon chrome mat rompt légèrement l’équilibre. Globalement, le Frontera présente une silhouette sympathique et actuelle mais manque un peu de personnalité : un SUV électrique bien dessiné mais davantage consensuel que charismatique.

A l’intérieur

Dès l’entrée, le positionnement entrée de gamme est évident. Les plastiques durs dominent largement – contre-portes, bas de console, large partie du tableau de bord – évoquant davantage le pragmatisme d’une époque passée. Pour autant, l’assemblage est sérieux : les ajustements sont nets, rien ne bouge. La sensation de robustesse compense un peu la simplicité des matériaux.

Quelques éléments sont bien pensés, à commencer par le chargeur à induction incliné, pratique et parfaitement positionné. La position de conduite est naturelle, le volant étonnamment fin et les commandes tombent globalement bien sous la main, même si certaines demandent un temps d’adaptation : sélecteur peu réactif, régulateur peu intuitif. L’instrumentation, elle, fait dans le minimalisme : un combiné lisible mais peu configurable, un écran central réactif mais dont les fonctions se limitent au minimum indispensable. Android Auto et CarPlay fonctionnent très bien, ce qui compense partiellement la sobriété du système maison.

En revanche, les sièges surprennent agréablement : motif tissu agréable, maintien correct, ambiance plus cosy qu’attendue. A l’arrière, l’espace est l’un des points forts : bonne garde au toit, espace agréable pour une famille, banquette réellement utilisable à trois, lumières de pavillon pratiques et connectiques bien placées.

Le coffre de 451 litres, modulable et doté d’un double fond généreux, se montre efficace pour un usage quotidien. Son seuil assez haut et sa profondeur modeste limitent un peu les voyages familiaux prolongés mais la modularité reste correcte et le rangement des câbles est bien pensé.

Sous le capot

La gamme Frontera s’articule autour de deux motorisations : un 1.2 turbo essence Mild Hybrid de 136 ch pour les versions thermiques et l’unité électrique qui équipe notre exemplaire d’essai. Cette dernière repose sur un moteur de 83 kW (113 ch) et 125 Nm entraînant les roues avant, alimenté par une batterie de 44 kWh offrant jusqu’à 305 km WLTP. Une version “Extended Range”, dotée d’une batterie de 52 kWh, augmente l’autonomie à 408 km.

Côté recharge, le Frontera embarque un chargeur AC de 11 kW et accepte 100 kW sur chargeur à courant continu DC, permettant de passer de 20 à 80 % en un peu moins d’une demi-heure. Une fiche technique modeste mais cohérente pour l’usage visé. Lors de notre essai, j’ai relevé une consommation réelle de 19.2 kWh/100 km, soit 1 kWh/100km plus élevée qu’annoncée.

Au volant

En ville, le Frontera Electric révèle immédiatement sa nature : celle d’une voiture simple, douce et incroyablement facile à prendre en main. La direction légère, le rayon de braquage très court et l’excellente maniabilité en font un compagnon idéal pour les trajets quotidiens. On sent un réel parti pris pour le confort d’usage avant tout.

Sur route, le bilan reste solide. Le châssis offre un compromis convaincant, sans roulis gênant ou réactions sèches, avec une suspension surprenante pour un modèle d’entrée de gamme. Le confort acoustique est l’un des points les plus impressionnants, avec très peu de bruits de roulement, quasi aucun bruit aérodynamique et un moteur électrique discret.

Là où le Frontera montre ses limites, c’est sur le plan des performances. Avec 113 ch et sans mode de conduite configurable, les reprises sont timides et les relances manquent de vigueur. L’agrément électrique – celui du couple instantané – est ici très limité. La récupération d’énergie, non paramétrable, reste modeste, même lors de longues descentes.

L’autonomie constitue l’autre point sensible. En conditions hivernales strictes, le Frontera avec batterie de 44 kWh peine à dépasser les 200 km réels. Autant à cause d’une consommation réelle relativement élevée que par la petite batterie qui montre rapidement ses limites dès qu’on quitte la ville. La recharge rapide est correcte sans plus et nécessite un peu de patience pour enchaîner les longs trajets.

Finalement, l’Opel Frontera Electric est une voiture parfaitement adaptée à un usage urbain ou périurbain – facile, confortable, rassurante – mais limitée dès que l’on veut s’en éloigner.

Verdict

L’Opel Frontera Electric est un véhicule cohérent pour un périmètre bien défini. Il se montre idéal pour un usage quotidien de 50 à 80 km journaliers, offrant confort, silence, espace et simplicité. Mais dès qu’on élargit le cadre, ses limites se révèlent : autonomie réduite, performances timides, finition très basique et aides à la conduite minimalistes. Or il est confronté à une concurrence, notamment chinoise, désormais capable d’offrir beaucoup plus pour un prix équivalent.

Le Frontera n’est pas un mauvais véhicule ; il est honnête, fonctionnel, agréable au quotidien. Mais il peine à justifier pleinement les CHF 32’900.- demandés pour notre voiture d’essai face à des alternatives mieux dotées et plus polyvalentes. Il constitue une proposition à considérer si l’on recherche un SUV électrique simple et urbain mais soulève une vraie question quant à la capacité d’Opel à rester compétitif dans ce segment exigeant.

Prix et options – Opel Frontera Electric 44 kWh GS

Prix de base : CHF 31’900.-

Pack Tech GS : CHF 1’000.-
(Feux antibrouillard LED, Sièges chauffants, Volant & pare-brise chauffants, Barres de toit noires)

Prix TOTAL : CHF 32’900.-

Pour partager vos impressions, rendez-vous sur notre page FaceBook.

Nos remerciements à Opel Suisse pour le prêt de cet Opel Frontera Electric, ainsi qu’au garage Emil Frey Genève Adrien-Wyss aux Acacias pour leur soutien logistique.

A lire aussi

Essai – Opel Grandland : Un renouveau réussi ?

Essai – Opel Astra e : Une compacte toute électrique séduisante mais trop chère ?

Essai – Opel Astra GSe : La Grand Sport du 21ème siècle

Essai – Opel Insignia GSi Grand Sport 2.0 diesel : Là où on ne l’attend pas…

Essai – Opel Ampera-e : Le tout électrique allemand

Essai – Opel Zafira 1.6 ECOTEC : Un nouveau Z pour le BlitZ

Essai – Opel Mokka X : Crossover caféiné, on n’est pas chocolat !

Essai – Opel Astra 1.6 Turbo : Le renouveau d’une étoile

Premier contact – Opel Astra Sports Tourer : La voiture de l’année en break !

Essai – Opel Corsa OPC : Bombinette allemande à la chasse des petites françaises

Essai – Opel Corsa 1.0 EcoFLEX : 5eme gène !

Essai – Opel Adam S : Une petite bombe parfaitement maîtrisée…

Essai – Opel Adam Rocks : Citadine en tenue Rock and Roll

Essai – Opel Insignia Country Tourer : La chic aventurière

Essai – Opel Mokka : SUV expresso

Essai – Opel Adam : Glamour, un peu, beaucoup, passionnément

Essai – Opel Astra OPC : Opel et les Perfs’ sous Contrôle

Essai – Opel Ampera : L’hybride 2.0 ?

Nouveauté – Opel Mokka

Nouveauté – Opel Astra Sports Tourer Electric

Nouveauté – Opel Corsa

Nouveauté – Opel Astra

Présentation – Opel Grandland

Présentation – Opel Manta GSe

Nouveauté – Opel Crossland

Présentation – Opel Mokka

Nouveauté – Opel Insignia GSi

Présentation – Opel Corsa-e

Présentation – Opel GT X Experimental

Présentation – Opel Corsa GSi

Nouveauté – Opel Insignia GSi

Nouveauté – Opel Grandland X

Nouveauté – Opel Insignia Country Tourer

Economie – Le groupe PSA s’offre Opel/Vauxhall

Nouveauté – Opel Insignia Sports Tourer

Nouveauté – Opel Crossland X

Nouveauté – Opel Insignia Grand Sport

Présentation – Opel Karl Rocks

Nouveauté – Opel Zafira

Présentation – Opel Ampera-e

Nouveauté – Opel Mokka X

Présentation – Opel GT Concept

Nouveauté – Opel Astra Sports Tourer

Nouveauté – Opel Astra

Nouveauté – Opel Adam Rocks S

Nouveauté – Opel Corsa OPC

Evénement – Inauguration du nouveau garage Grimm

Nouveauté – Opel Karl

Nouveauté – Opel Adam S

Nouveauté – Opel Corsa

Nouveauté – Opel Adam Rocks

Présentation – Opel Astra OPC EXTREME

Nouveauté – Opel Insignia OPC

Nouveauté – Opel Insignia Country Tourer

Nouveauté – Opel Cascada

Nouveauté – Opel Adam

Genève 2012 – Opel Mokka

Genève 2012 – Opel Astra OPC

Nouveauté – Opel Mokka

Nouveauté – Opel Astra OPC

Nouveauté – Opel Ampera

Opel Astra GTC – Les détails

Nouveauté – Opel Astra GTC

image_pdfimage_print

Leave a Reply