Essai – Kia K4 GT-Line 1.6 T-GDi : Elle se démarque de la concurrence

C’est en attendant dans un show-room que je découvre la Kia K4 par une fenêtre. Son aspect bas et ramassé attire mon attention et c’est avec intérêt que, quelques semaines plus tard, je la découvre au gré de cet essai.

  • 4 cylindres, turbo, essence, 1’598 cm3
  • 180 ch à 6’000 t/min
  • 265 Nm de 1’500 à 4’500 t/min
  • Boite de vitesse à double embrayage, 7 rap.
  • Vitesse maxi : 210 km/h
  • 0 à 100 km/h en 8.4 sec.
  • Poids : 1’596 kg
  • Long./larg./haut. (mm): 4’440 x 1’860 x 1’430
  • Conso. mesurée : 7.41 l/100 km
  • Emissions CO2 : 155 g/km (F)
  • dès CHF 41’950.-, mod. essayé : CHF 48’000.-


Texte et photos : Claude-Alain Ferrière


Positionnée par Kia dans le segment des compactes, elle s’affiche en concurrente des VW Golf, Audi A3, Renault Megane ou DS N°4 pour ne citer que quelques compétitrices.

La Kia K4 est la version thermique de l’auto alors qu’existe un modèle assez semblable à motorisation électrique sous la dénomination EV4. Pour l’instant, la K4 n’est pas proposée en hybride en Suisse, seules des motorisations thermiques étant distribuées alors que la déclinaison Full Hybrid HEV est réservée à d’autres marchés.

Découvrons cette voiture plutôt singulière dans le paysage actuel des compactes.

A l’extérieur

C’est évidemment les proportions inhabituelles de l’auto qui attirent le regard. La silhouette est plutôt basse, avec des airs de break de chasse. La signature lumineuse – repoussée à l’extérieur de la face avant – et le capot large et plat augmentent l’impression de largeur et confèrent une proue assez dynamique. La calandre est fine, les optiques de phare verticales. Deux prises d’air cerclées de la teinte de carrosserie donnent un petit côté racing à la face avant.

Latéralement, le profil est effilé, avec un petit air de break. Pourtant, Kia vient d’annoncer une version break de la K4, confirmant si besoin que la version de cet essai est bien une compacte Hatchback. Avec une longueur de 4.44 mètres, une largeur de 1.86 m et une hauteur de 1.43 m, les dimensions sont vraiment proches de celle de la DS N°4 essayée récemment, excepté une hauteur inférieure d’environ 5 cm. Mais la hauteur de caisse moindre, le long capot plat et le profil arrière vertical donne vraiment le sentiment que l’auto est plus grande.

L’arrière est lui aussi signé Kia, avec des feux dont la partie verticale rencontre l’extrémité des ailes arrière, augmentant là aussi la perception de largeur. Des dérives noires soutiennent la casquette de pare-brise arrière ; elles sont reliées aux vitres des portes arrière par un bandeau de la même couleur qui allège le design.

Le style ne cache pas son origine coréenne mais je le trouve plutôt réussi, avec le mérite de l’originalité en prime. Et la couleur Sparkling Yellow – une option à 750.- francs – réhausse encore son originalité.

A l’intérieur

Si comme je l’évoque ci-dessus, le style extérieur dénote, l’intérieur est plus classique et pas particulièrement vivant malgré la sellerie bicolore de mon véhicule de test. Malgré le large toit vitré et ouvrant, tout est plutôt sombre et les quelques éléments couleur crème peinent à aiguayer l’ensemble. Certes, c’est quand même moins austère que dans une VW Golf mais certaines propositions récentes sont supérieures sur ce point.

L’assemblage et les finitions sont de bon niveau mais il y a passablement de plastiques durs qui se rayent facilement. La position de conduite et les sièges sont confortables même si j’aurais aimé pouvoir rapprocher un peu plus le volant. L’espace aux places arrière est plutôt généreux, autant pour la distance aux genoux que la garde au toit. Quant au coffre, il propose entre 438 et 508 litres selon les versions et plus de 1’000 litres sièges rabattus.

L’instrumentation se résume à un large panneau transversal qui regroupe trois écrans contigus : un premier de 12.3’’ derrière le volant qui – cela devient rare – propose un compteur et un compte-tours analogiques, un deuxième pour les commandes de climatisation et un troisième de 12.3’’ également, centré au-dessus du tunnel central, pour l’infodivertissement. Je trouve cette disposition plaisante et ergonomique, d’autant que Kia maintient des boutons physiques pour la plupart des fonctions essentielles, autant sur le volant que sur la planche de bord, ainsi qu’un affichage tête haute. Seule la commande de transmission, à l’ancienne, semble dater un peu. Et petit détail que je trouve peu pratique : le bouton de sélection des modes de conduite se trouve sur la branche inférieure verticale du volant. Mais globalement, c’est un intérieur spacieux, de bonne facture et sans gros souci d’ergonomie.

Sous le capot

Je le dis en introduction, seules des motorisations thermiques sont proposées en Suisse, pour l’instant tout au moins. Le véhicule mis à ma disposition – la version 1.6 T-GDi – est le plus puissant de la gamme ; il dispose de 180 ch (132 kW) sortis d’un petit 4 cylindres turbocompressé de 1.6 litres de cylindrée associé à une boîte à double embrayage et 7 rapports (DCT 7) qui entraîne les roues avant. Le couple atteint 265 Nm, une valeur correcte pour la cylindrée, sans être exceptionnelle. Une version avec boîte automatique classique à 8 rapports et convertisseur existe également.

Les performances annoncées n’ébouriffent pas : le 0 à 100 km/h est réalisé en 8.4 secondes, le kilomètres départ arrêté en 28.5 secondes environ alors que la vitesse de pointe est de 210 km/h. La consommation normalisée WLTP mixte est de 7.0 l/100km et les émissions de CO2 sont annoncées entre 155 et 161 g/km. Quant au poids à vide, il approche les 1’600 kg.

Au volant

Je l’avoue, le plumage avait boosté mes attentes quant au ramage et c’est un peu déçu que je rends l’auto au terme des deux semaines où elle m’était confiée. Je m’attendais à plus de performance alors que la robe râblée de l’auto suggère plus de sportivité. Mais la Kia K4 fait la part belle au confort, avec des suspensions plutôt souples au détriment d’un comportement plus sportif. Précisons-le tout de suite, ce n’est pas un défaut, juste un petit décalage entre design et performances escomptées.

Pour autant, la K4 s’avère être une bonne routière, confortable et bien adaptée à un usage quotidien. A part certaines fréquences liée à des revêtements rugueux, les bruits de roulement sont bien filtrés et l’insonorisation générale efficace. Le petit moteur 1.6 se montre plutôt vaillant même si le temps de réponse du turbo est parfois handicapant en relance. Autre point qui peut surprendre, l’absence quasi complète de frein moteur ; la faute à une petite cylindrée turbocompressée et donc à un faible rapport volumétrique.

Je suis un peu plus critique sur la gestion de la boîte DCT 7, en particulier la gestion des embrayages en relation avec l’arrivée différée de la puissance. Elle provoque des à-coups à la relance parce qu’elle induit le conducteur en erreur. Je m’explique. A la remise de gaz, comme rien ne se passe tout de suite à cause du temps de réponse du turbo, on a tendance à enfoncer un peu plus l’accélérateur ; cela provoque un kick-down de la boîte qui descend un rapport et c’est alors seulement que l’embrayage embraye, pile au moment où la charge turbo arrive, provoquant un à-coup peu agréable pour les occupants. Cette gestion perfectible avait déjà été constatée sur le Ceed équipée du même ensemble moteur-boîte et elle n’a pas été vraiment améliorée. Dommage. Le problème est en bonne partie gommé lorsqu’on passe en mode Sport, ce dernier agissant sur le régime des changements de vitesses ; avec ce mode, le régime moteur tombe rarement sous 2’500 t/min et le turbo conserve ainsi sa charge, offrant une réponse moteur plus immédiate. Mais il n’est ni écologique, ni agréable de rouler en permanence en mode Sport. La solution ? Passer en boîte manuelle via les palettes au volant ; c’est sympa sur la route mais moins sur les trajets du quotidien ou en ville.

Relevons encore quelques détails astucieux. Par exemple, lorsqu’on met le clignotant, le compteur situé du même côté disparaît pour laisser place à une vue caméra qui montre la chaussée et l’angle mort du côté de l’indicateur. Autre élément agréable, l’alerte de véhicule dans l’angle mort apparaît sur l’affichage tête-haute.

Au sujet des assistances à la conduite, si le véhicule dispose d’une panoplie digne de son époque, je relève que plusieurs sont vraiment très intrusives, en particulier le maintien dans la voie qui intervient en permanence lorsqu’on conduit sur une route à la largeur limitée. Et comme elle sonne autant qu’elle fait vibrer, voire corrige le volant, c’est très désagréable ; je l’ai presque systématiquement désactivée durant mon essai. Idem pour la détection d’attention du conducteur. Il suffit de regarder 3 secondes l’écran central pour que l’alarme retentisse ! Enfin, l’alerte de pause-café sonne pile après une heure de conduite seulement et je n’ai pas trouvé où la désactiver ou en modifier le délai. Il me paraît que cette intrusivité est une constante auprès de constructeurs coréens ; j’ai déjà plusieurs fois constaté la même chose auprès d’autres marques produites par ce pays.

Enfin, j’ai relevé une consommation moyenne de 7.41 l/100km sur les quelques 1’100 km de mon essai. Sur routes nationales et départementales françaises, j’ai réalisé un trajet de presque 300 km à la moyenne de 7.1 l/100km. Preuve s’il est encore besoin que la réduction de cylindrée au profit de petits moteurs turbocompressés n’est pas forcément synonyme de consommation moindre.

Verdict

Dans l’ensemble, je trouve la Kia K4 plutôt réussie pour qui cherche une voiture du segment des compactes avec un style se démarquant de la production actuelle. La proposition est assez homogène malgré les petites imperfections de la gestion de boîte, avec une habitabilité généreuse et un comportement routier sécuritaire et confortable.

Cela sans compter un prix plutôt compétitif puisque la K4 démarre à CHF 32’950.- dans la version 150 ch ou à CHF 37’650.- pour la version 180 ch. Avec toutes options et packs, l’exemplaire essayé s’affiche à CHF 48’000.-, à mettre en perspective avec les plus de 60’000.- francs que coûte une VW Golf GTE 1.5 TSi de 177 ch, certes équipée d’une hybridation.

Bravo à Kia de proposer un véhicule qui se démarque comme le fait la K4, ceci tout en maintenant un niveau de prix attrayant !

Prix et options – Kia K4 GT-Line 1.6 T-GDi

Prix de base : CHF 41’950.-

Peinture métallisée “Sparkling Yellow” : CHF 750.-

Swiss Tech Pack GT-Line : CHF 2’000.-

Pack sièges Premium : CHF 1’000.-

Toit panoramique vitré et ouvrant : CHF 1’500.-

Pack Ambiance : CHF 800.-

Prix TOTAL : CHF 48’000.-

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Nos remerciements à KIA Motors AG pour le prêt de cette Kia K4 GT-Line , ainsi qu’au garage Emil Frey Nyon pour leur soutien logistique.

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