Essai – Volkswagen T7 California : Toujours plus long
Au début de la décennie et particulièrement depuis la COVID, le marché des vans aménagés a fait un énorme bond. Le Volkswagen California fait figure de leader depuis plusieurs années avec les T6 et T6.1, désormais remplacés par le T7 objet de cet essai. Sur ce segment, l’aspect pratique devrait l’emporter sur tout le reste mais ici, les contraintes techniques étaient sans doute plus nombreuses. Venez, je vous fais visiter.

Texte et photos : Patrick Schneuwly
Depuis mon premier essai d’un California, je suis sous le charme du modèle. L’apparition du T7 Multivan annonçait l’arrivée d’un nouveau mini-camping-car et je me devais de l’essayer de fond en comble. Même si une déclinaison hybride apparaît au catalogue, je voyage à bord d’une plus conventionnelle version 2 litres diesel.
La marque a-t-elle imaginé de nouvelles astuces pour aménager la petite surface de vie ? Le T7 est-il le digne remplaçant de la génération précédente ?



A l’extérieur
Dans sa mutation de T6.1 à T7, la gamme arbore un look bien plus urbain, plus travaillé, un peu dans la veine de l’ancien monospace Sharan. En longueur, il prend 269 mm alors qu’il a une allure plus compacte, un paradoxe. Cette différence vient de la version longue du Multivan qui n’existait pas avant et qui est maintenant utilisée d’office pour le modèle California.
La face avant s’offre un look lisse, pour brouiller un peu les pistes entre thermique et électrique. Le petit capot très court devient rapidement un pare-brise immensément long. Si long et incliné que Volkswagen a ajouté de grandes custodes triangulaires pour assurer la visibilité 3/4 avant.
Avec son toit relevable, le California prend un peu plus de 6 centimètres en hauteur mais il reste sous la barre fatidique des 2 mètres, la toise de la plupart des parkings publics. Avec 1.97 m, il faut tout de même rester attentif. Le toit noir sur carrosserie Gris Indium fait penser à une peinture biton sans en être une, biton par ailleurs disponible avec un grand nombre de combinaisons.






A l’intérieur
La révolution du T7 California Ocean, c’est qu’il n’existe qu’avec deux portes coulissantes, même avec l’aménagement intérieur complet. Par conséquent, il y a moins de place pour l’évier et le plan de cuisson qui ne comporte plus qu’un feu alors qu’il y en avait deux. Le frigo, qu’on chargeait par le dessus, est devenu un tiroir au volume plus facile à exploiter ; il se déploie sur le passage et si on charge beaucoup le véhicule, il n’est plus possible de l’ouvrir. La banquette a aussi disparu : ce sont désormais deux sièges individuels qui peuvent être mis à l’horizontale pour créer un couchage. Il y avait un grand tiroir dessous, il n’y en a plus que deux petits. Si vous cherchez la manivelle de l’auvent, elle est bien cachée dans la structure fixée au toit et sécurisée par une clé ; bien vu Thule !
Mais intéressons-nous un peu plus à l’espace dédié au conducteur. La planche de bord est large mais avare en espaces de rangement. Ils se résument à un double porte-gobelet central, une place au centre et une boîte à gants. Décevant pour un véhicule familial où on aimerait tout à portée de main pour voyager facilement. Fort heureusement, le confort est au rendez-vous, avec deux accoudoirs sur chaque siège, sièges qui peuvent être tournés et faire face à l’arrière.
Une fois stationné, je découvre la disparition des occultations du pare-brise intégrées aux montants. Il faut les sortir du coffre et assembler 5 baguettes. La faute aux custodes qu’il faut aussi couvrir pour plonger l’habitacle dans le noir. L’écran vers le rétroviseur intérieur a migré dans le montant C pour faciliter le contrôle de la partie camping du van : lumière, alimentation du frigo, surveillance des niveaux de batterie, d’eau propre et d’eau sale. Malheureusement, on ne peut pas allumer le chauffage stationnaire autrement qu’avec la télécommande.
Le toit de notre véhicule d’essai se relève électriquement ; il se déploie avec des avertissements sonores parfois incompréhensibles ou refuse de retrouver sa position basse sans raison évidente. L’utilisation ne demande aucun effort mais je ne choisirais pas cette option. Fauteuils tournés et sièges avancés, on a un bel espace habitable intérieur où je peux me tenir debout. Le California vient avec une nouvelle tablette qui peut s’installer à trois emplacements différents : comme appoint extérieur de cuisine, au-dessus du frigo ou pour une personne assise à l’intérieur. La grande table, qui se cachait avant dans la porte latérale, occupe désormais une place dans le coffre ; elle peut aussi se déployer à l’intérieur pour quatre convives.
Des deux couchages, celui du bas est le mieux tempéré car bien isolé de l’extérieur par la carrosserie de la voiture. Il est toutefois moins confortable, avec un matelas de 5 cm d’épaisseur posé sur la planche de séparation du coffre et les sièges horizontaux. En haut, le matelas est posé sur un véritable sommier à ressorts carré bien plus accueillant. Mais séparé de l’extérieur par une simple toile souple, le froid s’empare bien plus vite de ce volume ; c’est le revers de ce lit très confortable si on ne retient pas l’option d’une toile de tente isolée.












Sous le capot
Comme évoqué, la base T7 est disponible avec motorisation électrique, hybride ou thermique. Pour le California, l’électrique n’est pas au catalogue. L’hybride est un 1.5 l essence avec batterie rechargeable. Il culmine à 245 ch pour 2’500 kg et existe aussi en 4 roues motrices.
Pour mon test, j’ai la version 2 litres diesel de 150 ch avec boîte DSG à 7 rapports sur les roues avant. En utilisation mixte, je relève un peu plus de 7 litres tandis que sur autoroute, ça baisse à 6.7 l/100 km ; le réservoir de 70 litres permet donc de faire environ 1’000 km.
Alors que le Volkswagen California prend du volume, je suis surpris de ne pas le voir équipé de caméra 360°. Devenu très imposant, le stationner n’est pas une mince affaire.



Au volant
Quand on roule dans un California, le trajet n’est qu’un intermède. Le conducteur reste actif et profite des aides à la conduite pendant que le reste des occupants anticipe ou se remémore les bons moments de la destination. L’option indispensable à mes yeux, c’est sans doute l’afficheur tête haute. Bien installé en hauteur, je garde le regard au loin avec l’essentiel des informations affichées au bon endroit. Par contre, avec l’ajout d’un rangement au plafond tout à l’arrière de la voiture, le rétroviseur intérieur se retrouve trop haut et la retro vision arrière est entravée.
La conduite d’un monospace de plus de deux tonnes et demi n’est pas vraiment dynamique mais elle demeure très agréable. La direction assistée donne ce qu’il faut de retour d’informations et la tenue de route est très semblable à celle d’une voiture grâce à un montage MacPherson à l’avant. La stabilité est au rendez-vous grâce à un roulis contenu. Le moteur diesel offre de bonnes reprises ; même proche du poids maximum en charge et avec une remorque, on se fond très bien dans le flot de circulation.
Lors d’un trajet en montagne, je bascule la boîte en mode manuel pour moins solliciter les freins en descente. Le frein moteur est trop discret à mon goût et le ralentissement est à peine perceptible. Prudence donc pour ne pas surchauffer ses freins.
Stationner un camping-car le plus horizontal possible, c’est un art. Pour assister le conducteur, l’application California de l’écran central affiche un double niveau avant/arrière et gauche/droite. Ne reste qu’à placer les cales au bon endroit mais uniquement en avant ; en arrière, la caméra de recul s’impose et cache l’écran des niveaux. Volkswagen n’y ont-ils pas pensé ?









Verdict
Une fois de plus, le Volkswagen California comble mes attentes bien précises. Le but est de partir en voyage, de s’évader, de dormir dans des endroits isolés où on espère être le premier à le faire. Pour un centre-ville, il y a erreur de casting et d’autant plus avec les 26 cm supplémentaires. Le T6.1 faisait mieux en étant plus compact. Il faisait mieux aussi avec son frigo plus accessible et ses occulteurs de pare-brise installés dans les montants.
Le T7 a ma faveur pour sa tenue de route, grâce à des trains roulants plus proches d’un monospace que d’un utilitaire. Il en va de même pour son look plus convivial, qui peut vraiment être beau et original avec un large choix de peintures rarement vu sur un autre modèle. Sa façon d’avaler les kilomètres comme si de rien n’était est votre alliée pour les plus longs voyages comme pour une escapade sur un week-end. Les familles vont certainement l’adorer mais les volumes de vente se réduisent depuis trois ans.
La base Multivan impose de nombreuses contraintes, comme la double porte coulissante et les custodes de pare-brise difficiles à occulter. Reste le prix du California, désormais à plus de CHF 91’000.- équipé, ce qui paraît dans le haut des prix raisonnables pour un mini-camping-car. Aux environs de CHF 50’000.-, on trouve des véhicules avec une salle de bain et du couchage pour six personnes ; seul inconvénient, ils dépassent les 2 mètres de haut. Ici, la construction compacte se paie au prix fort.






Prix et options – Volkswagen T7 California Ocean Liberty
Prix de base : CHF 79’980.-
Peinture “Gris Indium métallisée” : CHF 1’350.-
Attelage pour remorque rabattable : CHF 1’015.-
Keyless Advanced sans verrou de sécurité : CHF 505.-
Chauffage autonome Camper : CHF 1’215.-
Affichage tête-haute : CHF 1’335.-
Trousse de secours avec triangle : CHF 45.-
Toit relevable électrohydraulique « Gris Basalt » : CHF 2’090.-
Store en Noir, à droite : CHF 855.-
Portes coulissantes électriques gauche/droite Easy-Open : CHF 1’125.-
Alarme antivol avec surveillance de l’habitacle : CHF 385.-
Pack Assistance Advanced : CHF 530.-
Navi “Discover Pro” : CHF 1’125.-
Grille de calandre noir brillant rétroéclairée : CHF 350.-
Prix TOTAL : CHF 91’960.-






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Nos remerciements à Volkswagen Suisse (AMAG) pour le prêt de ce Volkswagen T7 California Ocean Liberty, ainsi qu’au garage AMAG Lausanne pour leur soutien logistique.









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