Essai – Renault Twingo E-Tech Electric : La vraie Twingo est de retour

La Renault Twingo revient à l’essentiel : une citadine compacte, abordable et efficiente. Pour sa quatrième génération, elle devient la Twingo E-Tech Electric et comme son nom l’indique, elle dispose désormais d’une motorisation électrique. Avec sa petite batterie, ses 82 ch et une consommation mesurée de seulement 12 kWh/100km, elle privilégie intelligemment l’usage urbain tout en séduisant par son look, son ergonomie et son excellent rapport qualité-prix.

  • 1 moteur électrique synchrone
  • 60 kW (82 ch)
  • 175 Nm
  • Transmission à rapport unique
  • Vitesse maxi : 130 km/h
  • 0 à 100 km/h en 12.1 sec.
  • Poids : 1’275 kg
  • Long./larg./haut. (mm): 3’790 x 1’720 x 1’490
  • Conso. mesurée : 12.0 kWh/100 km
  • Emissions CO2 : 0 g/km (A)
  • dès CHF 18’900.-, mod. essayé: CHF 23’350.-


Texte : Julien Cornamusaz / Photos : Jacques-Antoine Dayer, Julien Cornamusaz, Yann Ueltschi


Il y a des noms que les constructeurs ne peuvent pas laisser disparaître très longtemps ; Twingo en fait incontestablement partie. Apparue en 1993, la petite Renault avait bouleversé le segment des citadines avec une recette alors particulièrement audacieuse: un encombrement minimal, quatre vraies places, un habitacle modulable et surtout un dessin immédiatement reconnaissable. Plus de trente ans plus tard, Renault remet cette philosophie au goût du jour avec une motorisation 100% électrique.

A un tarif suisse débutant à CHF 18’900.–, elle devient même l’une des propositions électriques les plus intéressantes du marché. La version « Techno » de cet essai coûte CHF 20’900.– et comprend notamment le système OpenR Link intégrant Google, une caméra de recul, la fonction One Pedal et le dossier du siège passager avant rabattable.

La batterie de 27.5 kWh paraît petite à l’heure où certaines électriques dépassent largement les 80 kWh mais la Twingo n’est pas conçue pour parcourir 600 km sur autoroute. Son terrain naturel est la ville et sa périphérie. Une philosophie que confirme notre consommation mesurée de seulement 12 kWh/100 km. Reste à découvrir si Renault a réussi à faire d’une contrainte économique une véritable qualité.

A l’extérieur

Il suffit de quelques secondes pour comprendre à quoi les designers Renault ont voulu faire référence. La nouvelle Twingo ne copie pas littéralement la première génération mais elle en reprend les codes et provoque immédiatement un sentiment familier. La silhouette monovolume, le pare-brise avancé, les formes très arrondies et surtout le regard expressif évoquent clairement la Twingo originelle. Le résultat fonctionne remarquablement bien. A une époque où beaucoup de petites voitures adoptent un style agressif, multipliant les angles vifs, les fausses prises d’air et les signatures lumineuses complexes, la Renault préfère afficher un visage sympathique qui lui va parfaitement.

Avec seulement 3.79 mètres de longueur, la Twingo reste une véritable citadine. Elle est certes sensiblement plus grande que son ancêtre mais ses dimensions demeurent inférieures à la majorité des voitures actuelles. Son empattement de 2.49 mètres repousse les roues vers les extrémités de la carrosserie et maximise l’espace intérieur.

Les cinq portes constituent également un choix pragmatique. Elles évitent les compromis d’une carrosserie trois portes tout en restant parfaitement intégrées au dessin général.

C’est probablement ce mélange qui rend son look aussi réussi. La Twingo est moderne mais immédiatement identifiable. Elle possède une vraie personnalité sans avoir besoin de paraître sportive. Dans un segment où le prix est déterminant, elle donne en outre l’impression visuelle d’être plus chère qu’elle ne l’est réellement.

A l’intérieur

L’habitacle suit la même logique. Renault ne cherche pas à cacher que la Twingo est une petite voiture abordable mais l’ensemble a été suffisamment bien pensé pour que cette simplicité ne devienne jamais réellement pénalisante.

Les matériaux constituent d’ailleurs probablement la principale concession au prix. Les plastiques sont majoritairement durs et la présentation n’atteint évidemment pas le niveau d’une Renault 5 E-Tech Electric ou d’une compacte plus onéreuse. Il serait toutefois assez injuste de lui en tenir véritablement rigueur. A moins de CHF 21’000.– en finition Techno, on comprend rapidement où les économies ont été réalisées.

Renault a fait un choix appréciable en conservant de véritables boutons physiques pour de nombreuses fonctions essentielles. La climatisation, par exemple, ne nécessite pas d’ouvrir un sous-menu sur l’écran central. Alors que de nombreux constructeurs – notamment certaines marques chinoises – concentrent désormais une large majorité des commandes sur une gigantesque tablette centrale, Renault semble avoir compris qu’un écran tactile n’est pas nécessairement la meilleure solution pour tout. Une commande physique reste plus rapide à trouver et permet souvent d’effectuer une action sans quitter la route des yeux. On peut également paramétrer un réglage personnalisé de l’ADAS, ce qui permet de déconnecter l’avertisseur de dépassement de vitesse autorisée – toujours faux – et l’assistant de maintien de ligne, toujours désagréable. Deux pressions sur un bouton physique à gauche du volant et le tour est joué ! C’est bien mieux que 95% des automobiles actuelles et, à l’utilisation, c’est précieux.

Cela dit, la Twingo ne renonce au numérique. La finition Techno reçoit un écran multimédia de 10.1 pouces associé au système OpenR Link avec Google intégré, ainsi qu’une instrumentation numérique de 7 pouces. Android Auto et Apple CarPlay sans fil sont supportés. L’ensemble est moderne, lisible et suffisamment rapide. Autre exemple bien pensé, plutôt que de clignoter en rouge lorsque l’on suit de trop près le véhicule qui nous précède, on peut simplement afficher l’écart en secondes ; c’est plutôt intelligent.

La modularité constitue un autre point fort. Les deux sièges arrière peuvent coulisser et se rabattre séparément, ce qui permet de privilégier alternativement l’espace aux jambes ou le volume de chargement. Le coffre annonce 305 litres dans sa configuration la plus favorable et jusqu’à 966 litres une fois les dossiers rabattus. Pour une voiture de moins de 3.80 mètres, le résultat est remarquable.

Sous le capot

Renault adopte une approche opposée à la course aux grosses batteries. Le pack lithium-fer-phosphate n’affiche que 27.5 kWh de capacité. A première vue, le chiffre semble presque dérisoire face aux standards actuels mais une batterie plus petite coûte moins cher, pèse moins lourd et nécessite moins de matières premières. Elle contribue également à maintenir le prix de vente du véhicule à un niveau particulièrement compétitif. Le constructeur français annonce une autonomie jusqu’à 262 km WLTP pour la version Evolution.

Le moteur électrique, placé sur le train avant, développe 60 kW (82 ch) et surtout un couple de 175 Nm disponibles immédiatement. Le 0 à 100 km/h réclame 12.1 secondes et la vitesse maximale est limitée à 130 km/h. Là encore, les chiffres n’impressionnent pas mais sont cohérents avec la vocation du véhicule.

La recharge atteint 11 kW en courant alternatif et 50 kW sur une borne rapide à courant continu. Là encore, 50 kW paraissent modestes comparés aux 150, 200 voire 300 kW revendiqués par les autos électriques les plus récentes. Mais charger une batterie de seulement 27.5 kWh ne demande évidemment pas la même puissance qu’un accumulateur trois fois plus gros.

Ce dimensionnement raisonnable constitue finalement l’une des clés de la voiture. Au lieu de chercher à regrouper tous les usages possibles avec une grosse batterie, Renault semble avoir dimensionné la Twingo pour les kilomètres qu’une citadine effectue réellement.

Au volant

C’est en ville que cette philosophie prend tout son sens. La première impression n’est pas celle d’une voiture électrique au rabais mais celle d’une petite automobile particulièrement bien adaptée à son environnement. Les 82 ch peuvent sembler modestes ; pourtant, le couple instantané de 175 Nm assure des démarrages suffisamment vifs. Aux feux rouges et jusqu’aux vitesses urbaines, aucune sensation de manque de puissance ne se fait sentir. La Twingo répond rapidement à l’accélérateur et se faufile avec une facilité qui rappelle pourquoi les petites voitures peuvent être parfois plus agréables que les SUV de deux tonnes, notamment en ville.

Ses dimensions réduites jouent évidemment un rôle essentiel. Il est facile de visualiser les quatre coins de la voiture, de passer dans une rue étroite ou d’exploiter une petite place de stationnement. Son diamètre de braquage de 9.9 mètres contribue également à cette excellente maniabilité. La direction est légère sans être totalement artificielle et le châssis privilégie logiquement le confort. La voiture n’a aucune ambition sportive mais son centre de gravité relativement bas et son gabarit compact lui confèrent un comportement sain. Les mouvements de caisse sont correctement contenus tandis que les suspensions absorbent convenablement les ralentisseurs et les raccords de chaussée.

La finition Techno de notre voiture d’essai apporte surtout une fonction particulièrement adaptée à la ville : la conduite One Pedal. Après quelques kilomètres d’adaptation, il devient possible de gérer la majeure partie des ralentissements simplement en relevant l’accélérateur.

L’excellente surprise concerne l’efficience. Nous avons relevé une moyenne de seulement 12 kWh/100 km. C’est précisément là que la petite batterie prend une autre dimension. A cette consommation, 27.5 kWh ne paraissent plus aussi limitants.

Bien entendu, personne n’achètera cette Twingo en pensant disposer d’une routière électrique. Sur autoroute, une vitesse stabilisée élevée augmente fortement la consommation et les 130 km/h de vitesse maximale rappellent clairement ses priorités. L’autonomie réelle se réduira également un peu en hiver et l’absence d’une grosse réserve énergétique impose davantage d’organisation sur un long trajet.

Le confort acoustique représente naturellement un autre avantage. A faible vitesse, l’absence de vibrations et de bruit moteur correspond parfaitement à la conduite urbaine. On entend simplement de quelques bruits de roulement et d’air lorsque la vitesse augmente.

Les performances sont plus modestes sur route. Les 82 ch ne procurent pas de poussée spectaculaire une fois passé le premier élan du moteur électrique. Pour s’insérer sur autoroute ou dépasser, il faut davantage anticiper qu’avec une Renault 5 E-Tech Electric plus puissante. La Twingo E-Tech Electric reste cependant parfaitement utilisable en dehors des villes. Elle donne surtout le sentiment d’avoir été développée autour d’une idée simple : faire une petite électrique efficace plutôt qu’une grande électrique miniaturisée. Et cette différence est importante. Son efficience, sa maniabilité et son ergonomie participent beaucoup à son agrément quotidien.

Verdict

La Renault Twingo E-Tech Electric pourrait facilement être jugée sur ce qui lui manque. Sa batterie de 27.5 kWh est petite, ses 82 ch sont modestes, la recharge rapide plafonne à 50 kW et certains matériaux de l’habitacle rappellent clairement qu’il s’agit d’une voiture conçue avec un objectif de prix. Mais cette lecture passerait probablement à côté de l’essentiel.

A partir de CHF 18’900.– – et CHF 20’900.– en finition Techno – Renault propose une véritable voiture électrique moderne, cinq portes, quatre places, remarquablement modulable et surtout très agréable à utiliser en ville. La consommation mesurée de 12 kWh/100 km confirme également qu’une petite batterie n’est pas nécessairement un problème lorsque la voiture consomme peu. Plutôt qu’emporter plusieurs centaines de kilos d’accumulateurs utilisés seulement lors de quelques longs voyages annuels, la Twingo préfère rester légère, compacte et abordable. Son look particulièrement réussi achève de rendre la proposition séduisante.

La nouvelle Twingo n’est donc pas une auto électrique universelle et ne cherche pas à l’être. Mais comme petite voiture urbaine, efficace et proposée à un prix raisonnable, elle touche juste. A une époque où l’électrification est souvent synonyme de voitures plus lourdes, plus puissantes et surtout plus chères, Renault démontre qu’il existe une autre voie : faire moins mais le faire intelligemment.

Prix et options – Renault Twingo E-Tech Electric “Techno”

Prix de base : CHF 20’900.-

Peinture métallisée “Vert Absolu” : CHF 800.-

Jantes aluminium “Reverso” : CHF 400.-

Pack Safety & Parking : CHF 900.-

Sièges avant chauffants : CHF 350.-

Prix TOTAL : CHF 23’350.-

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Nos remerciements à Renault Suisse SA pour le prêt de cette Renault Twingo E-Tech Electric, ainsi qu’à la filiale d’Ecublens du groupe RRG Suisse SA pour leur soutien logistique.

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